Up on the hills, I saw the sun rise red
then fall like a rusted bullet.
Nothing should die in this light,
into the illusion that war is an idea.
That dream won’t suffice here.
Your horse head, your beautiful dead head,
knows the fever of my race,
the joy of playing with weapons,
That race for whom a battlefield
is a paradise in bloom.
Since Carthage, blood polishes your flanks,
the memory of that caress suffices.
Stay longer, my splendid beast.
Poppies dance slightly above the ground,
like after a light glass of wine.
They perforate the mount of olives, warm
the stones, where will I bury your heat ?
My heart doesn’t beat in my chest anymore,
it lies under your hooves, hitting the land.
I found no alternative to beauty,
to rapture. No beats similar to
yours. We were lighter
and faster than rifles, our galops
more exciting than a hundred russian roulettes.
Now Jerusalem lies at our feet, and you
in that rhythm I cannot hold.
A certain slant of light rolls
your hair into silk, seems to say
that your wear your death well,
that out of this warm sack
you could grow some wings
but nothing happens, the camera
has lost its taste for fables.
Poor Pegasus, the sky burnt,
went back to its spark.
Your body lies bare against
a rock, and my heart,
like a berry, just beneath.

 

Cheval Mort devant Silwan

Sur les collines, j’ai vu le soleil se lever rouge
puis retomber comme une balle rouillée.
Rien ne devrait mourir sous cette lumière,
dans l’illusion que la guerre est une idée.
Ce rêve ici ne suffit pas.
Ta tête chevaline, ta jolie tête morte,
connaît la fièvre de ma race,
la joie de jouer avec les armes.
Cette race pour laquelle
un champ de bataille est un paradis en fleurs.
Le sang polit tes flancs depuis Carthage,
la mémoire de cette caresse suffit.
Reste encore, ma splendide bête.
Les coquelicots dansent doucement au dessus du sol,
comme après un léger verre de vin.
Ils perforent le mont des oliviers, réchauffent
les pierres, où vais-je enterrer ta chaleur ?
Mon coeur ne bat plus dans ma poitrine,
il est sous tes fers, frappant la terre.
Je n’ai pas trouvé d’alternative à la beauté,
à l’ivresse. Pas de battements semblables
aux tiens. Nous étions plus légers
et plus rapides que les fusils, nos galops
plus grisants que cent roulettes russes.
Maintenant Jérusalem gît à nos pieds, et toi,
dans ce rythme que je ne peux pas saisir.
Une certaine inclinaison de la lumière
roule tes crins dans la soie,
semblant dire que tu portes
bien ta mort, que de ce sac tiède
pourraient sortir des ailes, mais rien
ne se passe, la caméra
a perdu le goût des fables.
Pauvre Pégase, le ciel a fini de brûler,
il est retourné à son étincelle.
Ton corps repose nu
contre une pierre, et mon coeur
comme une baie, juste au-dessous.

Photographer : Didier Ben Loulou

didier ben loulou

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